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La grotte Devaux, un lieu préservé où le temps s'est arrêté !


Publié le 09/11/2014 dans la rubrique « Randonnées en France ».

La grotte Devaux, un lieu préservé où le temps s'est arrêté !

Découvrez ici toutes les photos de l'expédition à la grotte Devaux

- Expédition : Découverte de la grotte glacée Devaux sur 2 jours
- Activités : rando / spéléo / escalade / bivouac en altitude (environ 3000 mètres)
- Date de l'expédition : du 4 octobre au 5 octobre 2014
- Lieu : Gavarnie / Pic de la Cascade Oriental
- Produits testés : aucun

Fin prêt pour une nouvelle aventure !

Nous sommes le samedi 4 octobre 2014, je pars comme toujours de beau matin, du Bassin d'Arcachon qui baigne sous un radieux soleil en cette heure matinale, il est à peine 8 heures. Je suis confiant pour cette expédition, même si c'est la troisième fois que je vais tenter de trouver cette maudite grotte Devaux, qui semble vouloir jouer à cache-cache avec moi, et à ce petit jeu, je dois bien avouer qu'elle a un avantage considérable. Malgré mes recherches depuis plus de 2 semaines sur internet, j'ai que peu d'élément, il ne circule aucun topo et presque aucune information sur cette grotte glacée, j'ai ainsi pas ou peu d'information supplémentaire par rapport à mes 2 précédentes tentatives (enfin 1 repérage et une tentative).

J'ai juste en plus, un plan griffonné d'une partie de la grotte et des informations très peu fiables, voir contradictoires, avec certaines instructions qui font état d'un passage par le Pic de la Cascade Oriental pour ensuite redescendre à la grotte, alors que d'autres indiquent qu'il faut passer par l'Épaule pour ensuite monter, rien de vraiment très clair. Mais comme le manque d'information ne m'a jamais arrêté, je suis de nouveau sur la route, et 4 heures plus tard me voila au Col de Tentes, dans les hauteurs de Gavarnie, juste au-dessus de la station de ski. Il est midi à ma montre, la température est nettement plus fraîche que sur le bassin, heureusement je vais m'activer.

Un pied devant l'autre, c'est le départ, direction le refuge des Sarradets !

C'est parti, la première étape reste relativement facile, elle consiste à se rendre au refuge de la Brèche de Roland (ou refuge des Sarradets), en suivant dans un premier temps une ancienne route, fermée à cause de nombreux éboulis et glissements de terrain, c'est très praticable et sans aucun dénivelé. Cette route, reconvertie malgré elle en chemin, me conduit jusqu'au Port de Boucharo, mais ne vous attendez cependant pas à y croiser des bateaux, du port tel que nous l'entendons, cet endroit n'a que le nom, je suis bien au cœur même d'un massif montagneux, et non sur des quais bondés de voiles et de pavillons au vent.

À partir de là, je quitte cette ancienne route pour emprunter le chemin très clairement dessiné qui mène au refuge. Bien qu'il ne soit pas balisé par les tracés de rando, ni même par les cairns, il serait bien difficile de si perdre. Ça monte très modérément jusqu'au pied de la petite cascade qui se trouve en contrebas du Col des Sarradets. Du bas de cette mini cascade jusqu'au refuge, c'est la partie la plus difficile, ça grimpe pas mal et le sentier ne se dessine plus vraiment, il faut crapahuter de pierre en rocher où cela vous semble le plus évident, éviter de mettre les pieds dans l'eau, de glisser ou de se faire arroser par la cascade, car même si les températures semblent douces par l'activité physique, la neige est à portée de vue, et lors de mon passage, une partie de la cascade était même gelée, il ne fait donc pas bon d'être mouillé.

Le passage est franchi, je suis au refuge, et bien que je suis ici pour la 3 ième fois, je ne me lasse toujours pas de ce décor fabuleux, avec en fond d'écran la gigantesque cascade de Gavarnie qui coule immuablement. Comme j'avais précédemment pris des photos, je n'en n'ai prise aucune de plus cette fois sur le début du chemin. La neige est nettement plus présente sur la face nord qui dessert la brèche de Roland, j'aperçois du refuge de belles grandes nappes blanches. Il est un peu plus de 13h, j'ai environ mis 1h15 pour monter au refuge depuis le Col de Tentes, un bon rythme pour une rando normalement notifiée à 2h30 de marche sur les topos, notamment que j'ai sur le dos le sac de bivouac avec tout le matériel de randonnée glacière (crampon, piolet, vêtements chauds, tente, sac de couchage…), soit environ 25 kg. Je constate que je suis constant, c'est le temps que j'ai mis pour les 2 précédentes montées.

Je profite d'un petit arrêt pour glaner des infos précieuses auprès des gardiens du refuge sur l'accès à la grotte, tout du moins sur son approche. Ces derniers m'expliquent approximativement sa géolocalisation dans le décor, mais rien n'y fait, ni les explications, ni les cartes ne parviennent vraiment à vous montrer le chemin avant d'être sur le sentier qui vous y mène. Le massif montagneux de Gavarnie est piégeux, comme bon nombre de montagne, il suffit de ne pas être dans le bon couloir ou sur le bon balcon pour ne pas aller là où vous souhaitez aller, un vrai labyrinthe en 3 dimensions, où il est très facile de s'égarer et de perdre tous ses repères.

J'en profite aussi pour papoter avec quelques randonneurs, notamment 2 personnes, la soixantaine bien passée, très sympathique, qui me disent que l'accès à la brèche de Roland n'est pas faisable sans crampon, la pente neigeuse est trop glacée et bien trop raide, pour ne pas avancer d'un pas sans en reculer de 2 sur les fesses. Qu'importe, j'ai les crampons, et puis leur age les oblige malheureusement à se cantonner au sentier classique, alors que les éboulis qui montent jusqu'à la Brèche sont eux bien praticables, mais bien entendu 3 fois plus fatigant que le chemin qui serpente pour adoucir la pente.

A moi le grand air d'altitude et la solitude !

Personnellement, j'opte pour les éboulis, et c'est vrai que c'est raide du refuge jusqu'à la brèche par là, mieux vaut être jeune et en forme pour ne pas y passer 2 heures. Je suis en haut, au centre de l’immense porte naturelle que forme la brèche de Roland, je ne prends toujours pas de photo réelle cette fois-ci, mais j'ai de toute façon un cliché ineffaçable dans ma mémoire depuis ma première montée en ce lieu grandiose. Il n'est même pas nécessaire de monter plus haut que le refuge pour comprendre les raisons qui ont fait que Gavarnie est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Je reprends un peu de souffle pendant 3 secondes et je repars.

Une fois la brèche franchie, je prends plein Est en suivant les parois du Casque. C'est d'ailleurs le sentier qui mène au Casque lui-même, mais il ne faut cependant pas prendre la voie souterraine, qui elle monte directement au Casque par une petite escalade et le franchissement d'une petite grotte, d'où son nom « la voie souterraine », il faut continuer par le bas pour arriver sur le Pas des Isards, une petite partie du sentier équipée de chaînes. Les chaînes sont plus présentes pour le folklore que pour palier à un réel danger, même si la roche est un peu friable (en tout cas à cette période).

Si j'ai constaté une chose les deux précédentes fois où je suis venu, c'est que passé la brèche de Roland, rare sont les rencontres, alors que c'est presque une fourmilière de touristes jusqu'au refuge, un peu moins jusqu'à la brèche, et plus aucun après, me voila donc en mode solitaire pour la suite du périple.

  • La vue depuis le Pas des Isards :

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    1 km à pied sa n'use pas, sa n'use pas… 10 km à pied sa n'use pas les randonneurs !

    Pas de pause, je continue, cette fois direction le Pic de la Cascade Oriental qui surplombe tout le Cirque de Gavarnie. Après le Pas des Isards, sur 10 minutes ça avance tranquille, il suffit de suivre le sentier plat et praticable à souhait, puis le sentier fait place à un amas d'éboulis de pierres de taille moyenne qui glissent sous mon poids, ça rend un peu plus difficile la marche, mais rien de vraiment dramatique. Le sentier fini par disparaître, les éboulis avec, qui font maintenant place au contrebas de la montagne où se dessine un décor presque volcanique, il faut donc suivre les cairns et se frayer un chemin entre cette roche déchirée, coupante et parsemer de crevasse. Attention, les cairns sont un peu fouillis dans cette partie, tout le monde semble avoir posé son propre cairn tous les 50 mètres, ce qui peut vous faire avancer en zigzag et ainsi ralentir la progression, il faut lever la tête et prendre des repères au loin, la meilleur technique pour éviter de zigzaguer.

    Pour accéder au Pic de la Cascade Oriental, il existe plusieurs accès, plus ou moins faciles et plus ou moins longs. Cette fois, j'opte pour l'escalade bien balisée de cairns, qui est en réalité le premier accès, donc le plus court. L'ascension est relativement facile, même avec le sac de 25 kg, il faut juste éviter de coincer le sac entre les parois qui se resserrent en montant, puis il faut longer les falaises, le chemin est étroit et la chute serait mortelle, mais avec un minimum de vigilance, c'est une vraie partie de plaisir et un vrai régal. La vue sur ce sentier est vraiment magnifique et les sensations aussi, par temps clair comme aujourd'hui, j'ai pu apercevoir le canyon Ordesa et le refuse de Goriz vers le Mont Perdu. Ne vous laissez cependant pas trop aller à la contemplation du paysage, cela afin ne pas louper la montée des balcons au fur et à mesure de l'avancée, sinon vous allez vite vous retrouver comme moi à devoir escalader une belle paroi verticale (sensations garanties), pour ne pas avoir à rebrousser chemin et perdre du temps. C'est ensuite une marche tranquille, faite de petites montées et descentes, de crêtes et de couloirs, de nappes de neige gelée, où vous croiserez ici et là des airs de bivouac (ces cercles de pierres pour se protéger du vent et signaler une surface plate, chose rare en montagne et très appréciable pour une nuit réparatrice), sur environs 30 minutes à un bon rythme.

  • Sur une crête, avec vue sur l'Epaule :

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    Pour la suite, j'ai le choix, jouer la sécurité en passant par le sentier tracé par les cairns, qui monte gentiment au Pic de la Cascade Oriental, pour ensuite prendre la direction de l'Epaule, ou alors trouver une voie d'escalade pour arriver directement sur l'Epaule. Ce n'est pas que je ne veuille pas jouer la sécurité, mais l'escalade est franchement plus amusante, avec le mérite en plus de me faire gagner du temps et des kilomètres. J'opte donc… pour l'escalade ! Il me faut de ce fait trouver une voie praticable pour me permettre de me hisser jusqu'en haut, il n'est évidement pas question de redescendre à mi-parcours faute d'avoir mal estimé l'accessibilité, c'est vraiment la chose à ne pas faire, c'est bien la chose la plus dangereuse en étant chargé d'un sac de 25 kg, même sans sac d'ailleurs.

    J'avance ainsi en observant avec attention les parois, jusqu'à ce que je trouve l'accès parfait. Petite pause avant, je ne voudrais pas manquer de force pendant l'escalade, puis j'attaque l'ascension. 20 minutes plus tard, je suis en haut, c'était pas si difficile, l'inclinaison de la paroi était suffisamment importante et les prises très nombreuses. Je suis tout de même bien en sueur, les kilos du sac commencent à se faire sentir sur les jambes et les épaules.

    Dernière ligne droite, enfin une ligne droite en pente !

    Me voila enfin sur l'Epaule, et en ce mois d'octobre je dois dire qu'elle reste bien praticable, même si les hauteurs qui forment la pente de l'Epaule sont recouvertes de névés, le bas lui reste découvert sur une large bande, de quoi marcher en toute sécurité sans devoir s'approcher du vide formé par les falaises abruptes en contrebas. J'avance d'un bon rythme grâce à cette facilité pendant 20 bonnes minutes, jusqu'à l'arrivée des premières pentes raides. La facilité cède maintenant la place à une belle difficulté, celle d'un couloir étroit et très en pente, sur un sol recouvert de roches effritées en fine particule, c'est extrêmement glissant, le sol se dérobe à chacun de mes pas si je marche trop près du vide et je dérape sur de la glace si je marche trop près de la paroi, c'est éprouvant physiquement, notamment que le vide est vraiment à porter de glissade, une glissade qui m'emporterait 400 à 500 mètres plus bas, par une chute à pic, je redouble de vigilance et j'avance en assurant chacun de mes pas, ma progression est lente.

  • Les névés présents sur l'Epaule :

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    L'Epaule semble interminable, passant de névés en pentes rocailleuses ou sablonneuses de cette roche extrêmement friable. Puis c'est le dilemme, un névé complètement congelé d'un côté, et de l'autre une paroi bien verticale parsemée de gel issu du ruissellement de petits courants d'eau qui ont subies le froid de cette altitude.

  • Le gel sur la paroi, de quoi faire de belles glissades :

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    A ce stade de la randonnée j'ignore toujours où se trouve la grotte et si je suis vraiment sur le bon chemin. Je me questionne, dois-je faire demi-tour ? La fatigue commence à peser et l'heure avance, il est dans les environs 17h. Je décide de tenter la descente de la paroi, entendu que le névé lui me semble bien trop congelé et bien trop pentu pour passer, ce qui me laisse craindre une glissade que je pourrais difficilement maîtriser, même avec les crampons et le piolet.

    Sur la paroi, je glisse 1 fois sur 2 et je me fais entraîné par le poids du sac, je me dis que c'était finalement pas une si bonne idée que de choisir ce chemin. A mi-descente, j'opte pour un moment de réflexion et je décide alors de poser le sac et de finir la descente sans, se sera bien plus facile, et si je ne suis pas au bon endroit, cela m'évitera de devoir le remonter.

    Encore quelques efforts ! Ouf... je suis maintenant en bas, enfin sur la pente inférieure, je sens mon cœur battre dans mes mains gelées à chercher mes prises sur cette paroi glacée. J'avance sur cette pente, toujours aussi glissante, où se mêle cette fois-ci neige, rochers, éboulis et ces gravillons très fins qui viennent des parois de la montagne en reconversion. Je scrute avec attention le pied de la paroi qui me fait face, espérant voir un signe, une porte, l'indice d'un orifice, mais 3 minutes passent et toujours rien, je continue d'avancer. C'est enfin la délivrance, le miracle, au bout de 5 longues et interminables minutes, j'aperçois enfin cette grotte. Un sourire se dessine sur mon visage, de ceux que n'importe quel clown ou humoriste pourrait rêver de voir sur le visage de son public, je suis au ange. Je me pause 5 minutes devant l'entrée avant de retourner chercher mon sac à mi-hauteur de cette dernière paroi.

  • Une petite pause bien méritée pour moi et mes chaussures en phase de rendre l'âme par la dureté de cette rando :

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    Le plus difficile dans les randonnées solitaires, c'est de devoir prendre seul les bonnes décisions, c'est de n'avoir aucun un autre avis que le sien, c'est de ne pas pouvoir concerter ses expériences à celles des autres, il faut juste compter sur soi et faire le bon choix, et à dire vrai c'est pas toujours facile. La deuxième chose, c'est le dépassement de soi, l'exercice est 100 fois plus difficile seul qu'en étant à plusieurs, dû à l'effet d'entraînement, d'encouragement, à l'assurance qu'apportent les autres, etc. Je peux vous assurer que le dépassement de soi prend toute sa grandeur quand vous êtes seul face une paroi à escalader, que vous êtes seul face à un gouffre à franchir, ou simplement que vous êtes face à vous-même à bivouaquer à plus de 3000 mètres d'altitude sans rien ni personne à moins de 5 heures de marche. Tentez l'expérience, vous verrez, les sensations sont uniques !

  • L'entrée de la grotte :

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    Avant de poser le bivouac, je veux m'assurer que je suis au bon endroit, même si au fond de moi je n'ai plus aucun doute, disons que c'est de l'impatience infantile. Je fais donc une petite visite d'une dizaine de minutes, en restant non loin de l'entrée, et le lieu déjà me révèle tout son potentiel de magie, c'est sûr, ces premières images me suivront jusque dans mon sac de couchage, pour illuminer d'un scintillement angélique mon sommeil paradoxal. J’installe ensuite mon bivouac sous le porche de la grotte, tant bien que mal où je parviens à trouver une surface suffisamment plate. Je me pause enfin, je profite, je respire et j'admire. C'est un vrai privilège que j'ai d'être là, j'en suis conscient.

  • La vue depuis la grotte à la nuit tombante (devant cette mer de coton, j'ai l'impression d'être l'observateur chanceux qui peut admirer le comportement du monde à sa naissance, d'être au cœur même de la machinerie terrestre qui œuvre à sa régénérescence, et tout ça sans prendre aucune drogue :)… probablement l'œuvre d'un enchanteur) :

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    Il fait jour, c'est l'heure d'aller dans l’obscurité !

    La nuit a été très froide, j'ai bien grelotté une bonne partie de la nuit malgré l'utilisation de ma couverture de survie. Mémo à moi-même : penser à changer de sac de couchage et opter pour un sac grand froid (un petit clin d'œil aux sponsors éventuels pour un prochain test produit).

    J'entre à peine et le spectacle est grandiose, je dois bien avouer que les machistes responsables de la lumière et du décor ont fait un travail incroyable dans cette grotte, c'est à la fois surprenant, impressionnant et magique. Ces machinistes qui répondent au doux nom de « mère nature », m'offrent aujourd'hui une chance que je n'oublierais pas avant d'avoir Alzheimer, c'est sûr.

    Le sol est gelé, les pierres qui s'y trouvent sont soudées entre elles par la glace, mais à ma grande surprise le sol n'est pas si glissant que cela, je finis même par ôter mes crampons que j'avais chaussés et à les abandonner (je les reprendrais à mon retour). La première pièce laisse apparaître toute la beauté qui m'attend, sans trop en dévoiler. J'avance et me voila dans une petite cavité sans échappatoire, toutes les parois sont recouvertes de cristaux aux formes fabuleuses, chaque faisceau lumineux de ma lampe est converti immédiatement en scintillement, en lumière presque divine, je suis en admiration.

    Les pièces sont fabuleuses, ma lampe frontale ne sait plus où donner de la tête, enfin de la lumière, tout brille de mille feux. C'est difficile à raconter, mais être seul dans ce lieu est reposant et apaisant, le calme qui y règne et le scintillement des parois ont quelque chose d'hypnotisant. Je prends sur la gauche en passant par un couloir de princesse, il me dévoile ces couleurs et ces cristaux tels des diamants, au fur et à mesure que j'avance, puis j'entends alors le ruissellement d'une rivière, c'est en réalité la rivière qui alimente la grande Cascade de Gavarnie. Je continue ma progression en suivant son cours, mais après quelques minutes à marcher de pierre en pierre pour éviter de mettre les pieds dans l'eau bien fraîche, j'arrive dans un cul de sac qui m'oblige à revenir jusqu'à l'entrée.

  • Ca brille et ça scintille :

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    Sur les traces de mes aïeux !

    Trouver les accès aux différentes pièces n'est pas facile, certains accès sont dissimulés dans des recoins à peine visible ou dans des espaces si petit qu'il est difficile de croire qu'il est possible d'y passer, de plus, les ombres provoquées par ma lumière (bien trop faible d'ailleurs) peuvent rendre complètement invisible certains passages, il faut vraiment tout scruter avec attention. De retour dans la première salle, je finis par trouver un accès sur la droite, je monte, je me faufile, je rampe… pour arriver dans une grande pièce, où je suis accueilli par les vestiges de mes prédécesseurs, une petite boite et un vieux thermomètre. Le thermomètre est d'un autre age, mais il est toujours là à donner les températures.

    C'est un vrai moment d’émotion que celui de découvrir dans cette boîte les petits mots des personnes qui sont venues avant moi, des petits mots qui pour certains étaient datés de 1962 (pour ceux que j'ai ouverts). La petite boite renfermait une vingtaine de mots, ceux des rares personnes à s'être aventurées jusqu'ici, je n'en n'ai ouvert pour ma part que 5 ou 6 afin de ne pas trop les abîmer. N'ayant pas de stylo, j'ai été dans l'incapacité d'en laisser un à mon effigie, mais c'est là aussi un de ces moments que je n'oublierais pas, c'est un de ces moments qui vous donnent la chair de poule, en ce demandant mais qui étaient-ils, sont-ils encore vivants, reviendront-ils un jour dans ce lieu, l'ont-ils oublié ?

  • Une trace de mes prédécesseurs :

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    Je quitte ma réflexion pour revenir à la réalité et je continue ma visite. Je passe par des pièces aux parois recouvertes d'une épaisseur de glace énorme, mais à la pureté éclatante qui me laisse voir à travers elle, je passe par des salles ou la glace semble vouloir jouer les sculptrices en prenant de belles formes arrondies, ou encore par des pièces où les cristaux sont de vrais joyaux, à en faire pâlir la couronne de la reine d'Angleterre. C'est majestueux en tout point, mais hélas c'est l'heure de faire demi-tour, de revenir sur mes pas sans me perdre, pour prendre malheureusement le chemin du retour.

  • Retour au monde de la lumière (un retour difficile tant cet endroit est magique… mais c'est certain, je reviendrais pour une visite plus profonde encore, dans les entrailles de cette déesse) :

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    Le chemin du retour semble s'être fait d'un coup de baguette magique, mes pensées étant restées dans la grotte tout du long, j'ai avalé les kilomètres sans même m'en apercevoir.

    Dans tous les cas, je comprends aujourd’hui, pourquoi les infos sont si peu nombreuses sur internet concernant cette grotte Devaux. Déjà, peu de personnes montent jusqu'ici du fait de l'accessibilité difficile, vous n'avez aucune chance de croiser une famille qui a décidé le matin de partir en randonnée pour la journée. La difficulté pour la géolocaliser dans ce labyrinthe qu'est Gavarnie et son isolement en altitude, lui confère également cette rareté de visite, et donc ce peu d'information.

    Pour finir, je pense que la rareté des informations vient essentiellement d'un désir délibéré de ceux qui ont jadis visité cette cathédrale de glace, car garder secret cette grotte c'est la préserver. Après une longue réflexion, comme eux, je ne divulguerais pas plus d'information sur sa géolocalisation exacte, je n'indiquerais pas de coordonnées GPS et je ne ferais pas de topo complet, entendu je suis aujourd'hui convaincu qu'il faille la mériter, qu'il faille préserver ce lieu singulier de l'empreinte humaine de masse. Je pense que cette grotte mérite d'y monter 3 fois pour en trouver enfin son entrée, je pense qu'il faille y laisser une paire de chaussure pour y parvenir, je pense qu'il faille faire preuve de persévérance, de respect pour y entrer… c'est pour toutes ces raisons que je ne donnerais pas plus d'information sur le site et que certains éléments ont été volontairement supprimés.

    Je jouerais cependant volontiers les guides pour ceux qui souhaitent vraiment visiter cette grotte, mais il faudra d'abord m'accompagner sur d'autres expéditions afin que je puisse vous découvrir et connaître vos valeurs, alors n'hésitez pas à me contacter par le lien « Accompagnez-moi ».

    A bientôt pour une nouvelle aventure.
    Xavier.



    Claude
    Posté le 09/12/2014

    Bonjour,

    Ancien spéléo du Spéléo Club Alpin Languedocien, j’ai travaillé sur la grotte Devaux en 1962 et 63. Je continu à m'intéressé à cette grotte sur le plan des températures et de ce fait sur la cristallisation. Dans vos photos, vous avez photographie les thermomètres, avez-vous noter les températures du jour de votre passage, et juste après, il y a une photo d’une loupe de glace. Est-ce celle qui se trouve juste à côté.

    Merci pour votre réponse.
    Cordialement.


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 09/12/2014

    Bonjour Claude,

    Comme je n'avais pas de stylo, je n'ai malheureusement pas relevé les températures lors de ce passage, j'ai pourtant bien regardé les thermomètres, mais je n'ai pas réellement enregistré la température, mon esprit devait être probablement absorbé par la beauté environnante. La photo m'a cependant permis de voir les températures du thermomètre à minimum et maximum (soit : maximale 6° et minimale -11°).

    La loupe de glace en photo vient de la pièce voisine à celle des thermomètres.

    Sachez que je vais très prochainement repartir visiter cette grotte pour une visite plus profonde, je vous communiquerais volontiers les températures lors de ce prochain passage. Si vous souhaitez des clichés spécifiques ou que je relève des données particulières lors de ma prochaine visite, n'hésitez pas à me demander, je le ferais avec plaisir.

    Dans tous les cas, je suis heureux de savoir que cette grotte reste dans la mémoire.

    Xavier.


    Claude
    Posté le 10/12/2014

    Merci,

    Êtes-vous sur de –11°, cela me parait un peu bas. En fait, je m’intéresse à des cristaux de gypse qui sortent ou sortaient de la loupe de glace. Peut-être n'y sont-ils plus, depuis 63 la situation a pu changer et la loupe de glace régressée, c'est pour cela que je suis à la recherche de relevés des températures.

    Votre proposition est très sympa, car je ne peux plus hélas faire de telle expédition.
    Ci-joint quelques documents sur la grotte.


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 10/12/2014

    Bonjour Claude,

    Je vous remercie pour les documents très intéressants que vous m'avez envoyés.

    Pour les températures indiquées, elles viennent de la photo, je ne peux donc pas être catégorique, la photo semble cependant vraiment indiquer -11 degrés en minimale, peut-être à plus ou moins 3 degrés. Pour avoir des valeurs exactes, il faudra malheureusement attendre ma prochaine visite, où je prendrais soin de faire un relevé précis cette fois, que je vous enverrais.

    J'ai cependant relevé les températures suivantes sur la photo des petits mots laissés par mes prédécesseurs :

    Le 10 août 1967 : -2.5° mini / -1.9° maxi
    Le 20 août 1962 : -2° mini / 0° maxi
    Le 18 septembre 1990 : -4° mini / 0° maxi

    Au fond de la grande salle qui renfermait les thermomètres (salle du Gypse) se trouvait effectivement une loupe de glace, je vous joins des photos et une petite vidéo de cette loupe, peut-être trouverez-vous des réponses dans ces photos et cette vidéo.

    Je reste à votre entière disposition si vous avez besoin de plus d'information ou de photos supplémentaires.

    Cordialement.
    Xavier.


    Claude
    Posté le 13/12/2014

    Merci,

    J'ai bien reçu les trois photos, mais la vidéo n'a pas suivie. Excusez moi, mais je crois que vous lisez la température sur le haut de l'index, sur ce genre de thermomètre la lecture des index se fait sur le côté qui est vers le mercure. Ne vous cassez pas la tête avec cette histoire de température. Si vous devez y retourner, vous noterez les températures indiquées par le mercure, plus la température sur la base des index. (Ne pas oublier de laisser un relevé dans la boîte). En ce qui concerne la loupe de glace, vous avez du voir sur le schéma, comment et où ces cristallisations de gypse apparaisses. Alors regardez sur le dessus de la loupe à environ 40 cm du bas, si vous apercevez des cristaux (voir photos jointes) faites des clichés. De même si vous pouvez faire une photo de la loupe sur le côté et dans son ensemble ce serait parfais.

    Bonne expé.


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 10/12/2014

    Bonjour Claude,

    La vidéo est effectivement trop lourde pour être envoyé par email, bien que je doute qu'elle puisse véritablement vous être utile (la visibilité étant faible), je pourrais si vous le souhaitez vous la déposer lorsqu'une de mes expéditions passera à proximité de chez vous.

    Dans ce cas pour la température, la qualité des photos ne me permet pas de la lire correctement, les seules données que j'arrive à lire sont celles envoyées.

    Pour les photos demandées, il n'y a aucun problème, je vous enverrais celles-ci dès mon retour de cette expédition, qui je pense se passera vers fin janvier.

    Comme la période s'y prête, je vous souhaite de bonnes fêtes.
    Xavier.


    Claude
    Posté le 26/12/2014

    Bonjour Xavier,

    J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël. Je voudrais savoir, si je peux utilisé votre photo de l'entrée de la grotte Devaux pour la mettre en couverture. Je souhaite connaître votre nom afin de renseigner la dite photo et les données a venir. Merci et bonne journée.

    PS : Le document final n'est pas destiné à la vente, une fois terminé, chaque participant recevra un exemplaire.


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 26/12/2014

    Bonjour Claude,

    Sans aucun problème, vous pouvez utiliser la photo de votre choix. Vous trouverez en pièce jointe la photo de l'entrée avec une meilleure résolution, les photos sur le blog étant optimisées en termes de poids. Si vous avez besoin d'autres photos n'hésitez pas.

    Mon nom est Xavier, mais sachez que vous n'avez aucune obligation de le mettre, je vous donne volontiers les droits de propriété intellectuelle sur cette photo.

    Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année.
    Xavier


    Claude
    Posté le 22/01/2015

    Bonjour Xavier,

    J'espère que tu as passé de bonnes fêtes de fin d'années. J'ai deux petites questions :

    1. Es-tu toujours partant pour une visite à la Devaux pour fin janvier ou début février.
    2. Serais-tu disponible pour faire une série de mesures de la température et de l'hygrométrie dans la Devaux, sachant que je fourni l'appareil de mesure qui n'est pas plus gros qu'un téléphone.

    Je te joins le plan du protocole de mesure. Il serait intéressant de connaître ces données en période hivernale, car une autre équipe de spéléos ferra ces mesures en été, on pourra alors comparer et se rendre compte de l’environnement climatique de cette cavité. Si tu es d'accord, tu me diras à peut près la date de ton départ, je te ferais parvenir l'appareil et puis te me le renverras à ton retour.

    Ne te sent pas obliger de le faire.
    À bientôt.


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 22/01/2015

    Bonjour Claude,

    Oui la visite à la grotte Devaux est toujours prévue, mais dernièrement je ne partais pas seul, donc j'ai été dans l'obligation de reculer cette expédition. Il est possible que j'y monte ce week-end, mais du coup je pense qu'il sera trop tard pour réceptionner l'appareil en question.

    Dans quelle ville habitez-vous ? Dans la mesure du possible je pourrais éventuellement le récupérer au passage.

    Cordialement.
    Xavier


    A.tarrisse
    Posté le 27/09/2015

    Bonjour monsieur XAVIER,

    J'ai bien apprécié votre récit concernant votre visite à la grotte Joseph DEVAUX, dans le cirque de Gavarnie, (...que j'ai lu tout récemment !), car j'ai eu la chance d'accéder plusieurs fois à la grotte DEVAUX grâce à un ami Michel DAUDE de Lavaur (Tarn), "Pyrénéiste" aguerri !! Son nom, le mien et celui de Luc DUCROS se trouvent ainsi associés sur un "écrit papier" contenu dans la boite en fer, (... près des thermomètres que vous avez photographiés), ceci en date du 10 Août 1967. (Nous avions pris soin, cette fois là, de prendre un stylo, ... à la différence des années précédentes et de noter les températures !!).

    Tout récemment un de mes Amis Audois (Christophe BES de Carcassonne) m'a fait parvenir une Photo de ces mêmes "ECRITS de la Grotte DEVAUX ".

    Ma question est la suivante : Est-ce vous qui avez réalisé cette photo qui est pour "Nous" un "Document" quelque peu "Historique".

    MERCI d'AVANCE pour votre Aimable Réponse !!


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 27/09/2015

    Bonjour André,

    Dans un premier temps, veuillez m'excuser pour cette réponse tardive. Après vérification dans mes archives photos, je suis bien l'auteur d'une photo portant vos noms sur un des écrits présent dans la boite de la salle des thermomètres. Si vous le souhaitez, je peux vous faire parvenir cette photo dans une meilleure résolution que celle présente sur le site.

    Merci pour votre contact.
    Xavier


    Pat
    Posté le 17/12/2015

    Bonjour Xavier,

    Vu par hasard l'article sur la Devaux en cherchant des infos sur la grotte des Izards. Je suis partant pour y revenir pour une explo plus approfondis. J'y suis allé il y a quelques années, mais peu de temps à l'intérieur d'ou une énorme envie d'y retourner.

    Amicalement, Patrick


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 17/12/2015

    Bonjour Patrick,

    Je pense refaire la grotte Devaux prochainement alors se serait avec plaisir que vous pourriez vous joindre à moi. Dans les conditions actuelles d'enneigement, il est fort probable qu'il faille 3 jours pour cette expédition ... Si cela vous tente toujours, nous pourrions définir ensemble d'une date et déterminer si vous disposez du matériel nécessaire.

    Bien à vous


    Pat
    Posté le 17/12/2015

    Bonjour Xavier,

    Merci pour l'invitation, mais j'y suis retourné en septembre pour une explo plus complète avec des collègues spéléos. Beaucoup de changement depuis la dernière fois, le réchauffement à fait bcp de mal à la grotte mais elle reste quand même superbe. On pense revenir en 2016 mais pour une autre qui semble plus incroyable dans ce secteur.

    Amicalement Patrick


    Xavier / Randonnées du monde
    Posté le 17/12/2015

    Re-bonjour Patrick,

    Effectivement, le réchauffement a eu un effet néfaste et conséquent sur la grotte, c'est le constat fait après avoir discuté avec un spéléologue ayant étudié la grotte en 1967.

    Par contre, vous mentionnez une autre grotte dans le secteur ? Dans la mesure du possible, serait-il possible de me donner plus d'information sur ce lieu ? Merci par avance.

    Cordialement,

    Xavier


    Pat
    Posté le 17/12/2015

    Oui, bien sur elles sont connu, il s'agit des grottes des Izards, elles se trouvent après le pas de l'Izard (30'), la n°5 elle n'est pas complètement exploré (en cours) et sa visite est superbe. Un peu compliqué car elle est gardé par un puits de 60m pas simple sauf pour ceux qui maîtrise le rappel sur glace. Les 4 autres sont aussi sympa à parcourir quoique peu longue.

    @+



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