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Tel un palais Romain aux colonnes de glace !


Publié le 15/11/2015 dans la rubrique « Dans le reste du monde ».

Tel un palais Romain aux colonnes de glace !

Découvrez ici toutes les photos de la grotte glacée Lecherine

- Expédition : Visite de la grotte glacée Lecherine
- Activités : Randonnées / Bivouac grotte en altitude / Mini spéléo
- Date de l'expédition : du 14 au 15 mars 2015
- Lieu : Canfranc, Pyrénées Espagnoles, Espagne

Les coordonnées des étapes du séjour :

- Début randonnée / Canfranc : 42°42'57.9"N 0°31'33.9"W
- Refuge non gardé plaine Gabardito : 42°43'16.89"N 0°32'27.46"W
- Refuges non gardés Lecherine : 42°44'17.64"N 0°32'57.02"W
- Entrée de la grotte glacée Lecherine : 42°44'45.64"N 0°32'19.93"W

Neurones chaussés, je réintègre les rangs !

Me revoilà enfin. Non pas que j'étais parti pour une expédition lunaire, bien que cela aurait été extrêmement plus appréciable. Je me suis juste absenté de ce blog, de mes balades, pour construire la vie de tous les jours, ma vie de demain. Pour faire plus clair, je réalisais la lourde tache (bien plus difficile que toute mes randos réunies) de me préparer à devenir de nouveau patron, et je peux vous dire que le chemin qui traverse cette étape est sinueux, glissant et dangereux pour l'esprit. Les gouffres béants formés par l'administration française, la connerie des hommes d'affaires qui ne savent plus résonner que par l'effigie du sigle monétaire et les banques à qui il faut expliquer que la raison du plus riche n'est pas toujours la meilleure, sont autant de facteur dangereux pour la santé mentale.

Cependant, bien que cette tache est de loin terminée, mes souvenirs m'assaillent, me rappellent que cela fait beaucoup trop longtemps que je me suis absenté de l'origine des choses qui poussent sans intervention humaine, grandissent par glissement tectonique, ou se fabriquent d'elle-même. Alors c'est décidé, je vais repartir, dans un premier temps se sera dans mes souvenirs, ceux qui renferment encore mes dernières expéditions que je n'ai pas eu le temps de retranscrire ici.

Ainsi, me voila projeté dans le passé, sur la route de la grotte Lecherine !

Je vais et je viens parfois sur les traces des anciens, ceux qui jadis ont été les Christophe Colomb locaux, d'un lieu tout aussi symbolique et magique que les Amériques. Mais parfois, je vais et je reviens sur mes propres traces, celles que j'ai posées moi-même au détour d'un regard émerveillé, celles que j'ai semées en clignant des yeux, ou parfois en tapotant sur le déclencheur de mon appareil photo, pour les retrouver et les dépasser la fois suivante, et enfin atteindre l'objectif initialement fixé.

La grotte Lecherine est donc un de ces lieux, que j'ai approché en tâtonnant dans l'obscurité de mon ignorance et que j'ai tenté de dompter en affrontant les méandres d'une météo capricieuse, m'obligeant à faire demi-tour à de multiple reprise, sans même en franchir son seuil, jusqu'à ce beau matin, ou tout me sourit : le tracé, le temps pas si mauvais, la neige à la densité parfaite ou presque... J'y suis, je me tiens devant son entrée, fièrement encré dans 50 centimètres de poudreuse, les yeux rivés sur un spectacle que seule la nature peut générer, peut enfanter dans ce qu'il y a de plus illégitime à être posé là, au milieu de rien. Je vois...

... 24h plus tôt !

C'est un de ces matins qui sentent bon la bonne humeur, qui fait siffloter les gens sur les marchés et chanter les camelots, c'est un de ces matins qui donnent des ailes. Les miennes d'ailes, m'ont faite voler jusqu'à Canfranc, au pied du GR 11, que j'attaque avec toute la vaillance qui m'assiège et qu'il me faut pour dire que cette fois c'est la bonne, que cette fois mon regard se posera sur l'objectif, tant celui de l'appareil photo qui prendra des clichés d'exception, que celui final que je me suis assigné aujourd'hui.

Le verbe « monter » a très certainement été inventé en ces lieux, entendu que c'est à partir de cette locution verbale que je pourrais vous conter tout le chemin que j'emprunte actuellement, et que je pourrais faire aisément rimer avec « gravir », « ascension » ou « franchissement », même si leurs improbables terminaisons ne résonnent pas de la même sonorité.

Le temps n'est pas des plus beaux, mais il me laisse le loisir de marcher sans trop d'effort et la neige est parfaite pour supporter mon poids sans craquer. Je monte, passant par les lieux que je connais déjà : le petit refuge non gardé dans la plaine Gabardito, la forêt de pins au coulis de neige, et de nouveau cette plaine à peine reposante, celle qui abrite en son terme le vieux refuge décrépi et la bergerie qui officie comme son remplaçant de fortune. Puis j'attaque la montagne, la pente devient beaucoup plus sévère, comme lors de mon dernier passage, et j'arrive là où ma connaissance du lieu s'arrête, c'est en haut de la grande pente que j'avais était le plus loin la fois dernière.

C'est toujours à la première lecture que le conte est le plus fabuleux !

Quand je dis en haut de la grande pente, cela ne veut pas dire que la suite est moins pentue, c'est juste le repère de ma précédente montée. La suite, c'est un couloir perdu entre 2 parois, où se tapit la neige en abondance, légère et poudreuse comme des gouttelettes de brouillard, que le moindre souffle d'air parvient à mettre en mouvement. Fini la neige qui supporte mon poids, depuis le pied de la montagne, elle s'est transformé en un amas de minuscules billes de polystyrène qui engloutit pleinement mes membres inférieurs à chaque avancée. Je monte, j'avance pendant environs 1h30, je scrute les parois qui m'entourent sans jamais détourner les yeux, l'ouverture de la grotte peut s'y tapir n'importe où.

C'est presque sans la voir qu'elle finit par apparaître, cette porte improbable, et j'ai bien de la chance de l'apercevoir, car à moins de 10 mètres il n'est pas possible de la deviner par ce temps et cette hauteur de neige. C'est un temple que me retranscrivent mes iris, où l'eau sous sa forme solide a déjouée les lois de l'apesanteur, en formant des colonnes gigantesques qui montent du sol jusqu'au plafond, suite logique des stalagmites, et inversement, de belles stalactites démontrent que mère nature sait être une fabuleuse ouvrière, maître d'œuvre et architecte à la fois.

  • Des colonnes de glace au diamètre impressionnant :

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    La grotte s'ouvre sur un premier porche éclairé par l'ouverture de la grotte elle-même, c'est un sas qui renferme des sculptures invraisemblables et d'énormes colonnes de glace qui dépassent allègrement les 1 mètre de diamètre. Puis une entrée plus restreinte se trouve au fond de ce sas, elle permet de passer dans le cœur de la grotte, plus sombre, plus grande et qui renferme d'autres trésors scintillants de mille feux.

  • L'entrée au fond du premier porche (vue de l'intérieur) :

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  • Des scultures de glace exceptionnelles jonchent le plafond et le sol de cette grotte fabuleuse :

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    En continuant au fond de cette seconde pièce aux proportions de cathédrale, je découvre un trou où je m'engouffre, je rampe, j'avance façon spéléologue maintenant. Les passages sont petits et demandent des efforts pour se hisser, je crapahute ainsi pendant 15 bonnes minutes et c'est la fin, plus aucune possibilité d'avancer. Cette spéléo se révéla petite, mais suffisante pour me laisser entrevoir de bien beaux trésors, que mes photos vous livreront qu'en partie.

  • Un mur de glace sculpté découvert durant ma mini spéléo :

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  • Une autre sculpture originale découvert lors de ma petite spéléo :

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    Je repars au premier porche, dehors il neige maintenant, la porte naturelle formée par l'entrée de la grotte revêt l'image d'une boule à neige que l'on aurait secouée. Quelques petites bourrasques de vent font pénétrer des nuées de flocons à l'intérieur, le film est tout simplement magique, divin, une vraie féerie de noël.

  • La neige tombe sur l'entrée de la grotte Lecherine, le tableau s'achève :

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    L'heure tardive me rappelle que je dois maintenant monter le bivouac, et je dois bien avouer que j'ai une fois encore une chance extraordinaire que de pouvoir passer la nuit dans un tel lieu. Toutes les chambres des palaces, tous les dortoirs de château, tous les lits douillets n'ont égale ce lieu pour y passer la nuit. Ma chambre cette nuit aura pour voisin des œuvres d'art, un peu comme si je dormais au cœur du Louvre, en beaucoup mieux bien sûr. Je prêterais cependant une attention toute particulière à l'emplacement de ma tente, des morceaux de stalactites jonchent le sol, me rappelant la fragilité de ces colosses de glace, qui peuvent ainsi se détacher à tout moment de cette voûte céleste me faisant office de toit pour la nuit.

  • Je forme une plateformes aussi plate que possible avec la neige après avoir scrupuleusement choisi l'emplacement de ma tente et je termine l'ouvrage (la nuit sera belle) :

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    La suite, c'est apéro et atelier créatif, où je fais naître mon Wilson à moi (pour les incultes des films cultes : en référence à « Seul au monde » avec Tom Hanks), histoire d'avoir une présence avec qui partager un moment aussi merveilleux. La tache fut rude, essayer de faire coller entre elle des perles de polystyrène est plutôt ardu, mais finalement je ne suis pas mécontent du résultat au vu de cette difficulté, qui certes n'égalera pas la beauté des sculptures avoisinantes, mais qui a le mérite d'être la mienne. C'est ensuite, la pénombre, le noir, la faim assouvie, la nuit et son sommeil réparateur.

  • A l'heure de l'apéro je fais naître mon Wilson, non sans difficulté :

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    Le rêve continu, je suis réveillé par une douce lumière qui traverse ma toile de tente et qui me laisse imaginer une belle journée, quel beau présage aux premières lueurs des yeux qui s'éveillent. La lumière qui s'est annoncée ne m'a pas menti, un beau soleil m'offre ces premiers rayons dès lors que j'entrouvre la porte de ma chambre, qui donne directement sur le porche et qui coordonne immédiatement ces rayons à celui d'un ciel bleu que seul la montagne sait offrir.

  • Un magnifique ciel bleu m'accueille au petit matin depuis ma tente :

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  • Le premiers rayons de soleil sous un ciel bleu que seul la montagne peut engendrer :

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    Même sil n'y à jamais vraiment de routine dans ce type d'expédition, la suite reste logique : mon esprit reste dans la grotte pendant que mon corps redescend.



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